Marche à Londres

18 septembre 2006

Lingua in Gloucestershire (vendredi 15 septembre 2006)


Le réveil sonne. Il est 6h45. Le ticket envoyé par Lingua indique clairement le nom de la station et l'heure de départ. Il ne s'agit pas de rater mon train à 9h45, à la station Paddington.
Petit déjeuner et toilette finis, j'arrive une heure avant le départ du train, dans cette grande station dont partent des centaines de trains pour la capitale ou vers l'ouest de l'Angleterre.
J'ai encore du temps devant moi au milieu d'une odeur de fuel brûlé traînant dans le grand hall et de gens qui vont et viennent dans tous les sens pour prendre leur train.
Lorsque je repère le quai de mon train, je m'y engouffre sans attendre. Un ticket de réservation retient ma place, le confort est tout fait convenable et je peux m'installer sans aucune appréhension pour la suite du voyage tandis qu'un autre candidat francophone qui est aussi convié à Lingua (Maxime, un Lillois) s'installe en face.
Le voyage dure deux heures avant d'arriver à Gloucestershire. Il se passe sans aucun inconvénient, et fait démentir la triste réputation des chemins de fer en Angleterre.
La traversée de la campagne anglaise ne retient pas particulièrement mon attention, d'autant que je me plonge dans les cinquante pages envoyées par la compagnie, entre deux conversations avec Maxime.
A l'arrivée en gare, une femme, environ la cinquantaine, nous attend avec son panneau Lingua. Une troisième candidate aurait dû être avec nous, mais soit elle a raté le train, soit elle a changé d'avis, toujours est-il que nous ne sommes que deux pour cet entretien.
A partir de là, c'est une véritable « journée à la campagne » qui démarre dans une ambiance very british.
Nous arrivons après dix minutes de voitures dans l'ancienne maison d'un vicaire, juste à côé d'une église.
La bâtisse qui est la maison du directeur mais aussi le siège social de Lingua ne manque pas de charme et l'intérieur est typiquement britannique. Je me retrouve dans un feuilleton d'Agatha Christie.
George S. est le patron de Lingua et parle un anglais parfait avec un certain flegme et une tenue parfaite. Le veston tweed, un brin guindé, l'allure de gentleman qu'il dégage vaut déjà le déplacement.
Le responsable de Lingua travaille avec sa femme et une jeune secrétaire. Contrairement aux apparences, derrière cette image familiale, il gère un groupe qui a des enseignants à New York, Londres et deux autres villes dont j'ai oublié le nom.
Il nous présente son groupe dans le salon décoré comme un Anglais peut le faire: un meuble empire, un portrait accroché au mur, une grande table en chêne, avec des couleurs chaudes et plutôt sombres pour les murs.
Le principe de Lingua est simple: aller enseigner le français pour un, deux ou trois membres d'entreprises qui seront envoyés en voyage d'affaires.

Mais midi est déjà là et nous sommes conviés à la table familiale dans la cuisine. Les deux enfants présents (la vingtaine d'années), la secrétaire, sa femme et nous mangeons des croque-monsieurs accompagnés d'une rocking salade du jardin et des tomates cerises. Pendant le repas, George nous donne un aperçu des différentes prononciations en anglais selon les régions et cela amuse bien les convives. Nous terminons par un traditionnel pudding à la vanille délicieux et bien copieux.
Il nous donne alors un quart d'heure pour se détendre avant de continuer l'entretien. J'en profite pour m'éclipser vers le jardin et y faire l'une ou l'autre photo. Une fois de plus, le jardin anglais, ses roses, le filet d'eau, le gazon taillé au millimètre n'est pas qu'une image surfaite; la réalité dépasse la caricature. Mais c'est tellement charmant!

Pour l'après-midi, le temps est compté: il nous met chacun en situation d'apprentissage.
Je dois enseigner le verbe aller au futur proche (je vais...). Je me lance dans ma leçon, j'ai trois minutes pour enseigner ce point de grammaire en anglais. Je me débrouille pas mal et au moment de conclure, je me rends compte face au tableau que j'ai développé un autre point de matière au futur!!!
Pourtant, il semble enchanté, soulignant une très bonne présence, l'utilisation de couleurs, une clarté dans le propos, etc. Il me dit que cela arrive de se tromper et que ma réaction et ma tête face au tableau valait bien cette erreur. Heureusement qu'il n'a pas ajouté « digne de Mister Bean »!
Pour finir, alors que le temps tourne et qu'il nous fait remplir les papiers, il nous filme chacun à son tour pendant trois minutes. Le jeu consiste à présenter un personnage fictif devant la caméra, comme dans une agence matrimoniale.
Il est enchanté de ma présentation, me disant que «la caméra est attirée par moi », au point qu'il me demande si j'ai fait du cinéma.
Avant de conclure, je lui rappelle que je n'ai pas encore enseigné à des adultes mais il dit qu'il faut une première fois, et qu'il est confiant dans mes capacités au vu de ce que j'ai montré. Je pourrai facilement créer un lien avec l'apprenant, car je dégage de l'empathie et je peux facilement installer la confidence, clé d'un enseignement adulte. Il est en plus possible de commencer assez rapidement.

Je crois que j'ai fait bonne impression. Cela me sera confirmé lorsque, dans le train du retour (qui sera à l'heure aussi), vers quatre heures, le mobile sonne. George prévient qu'il me contactera lundi pour commencer dans la semaine.

5 Comments:

  • exellent mister Joe Bean et
    Félicitation pour votre prestation

    By Anonymous veronike, at 17:04  

  • Very charming indeed, isn't it???

    By Anonymous Speedouille, at 12:55  

  • Mais...tu donnes dans la dithyrambe !
    nous attendons la suite....CCD

    By Anonymous Anonyme, at 14:55  

  • La suite arrive, mais je ménage mes effets ;)

    By Blogger Joe, at 11:36  

  • Génial dis-donc! On croise les doigts ;-)

    By Blogger Peral, at 07:44  

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